dimanche 30 juillet 2017

Une histoire de canapé et de vide.






Parfois j'ai l'impression d'être dans une salle d'attente. Je suis assise sur mon canapé et j'attends, sauf que personne ne m'appelle pour me dire que c'est mon tour. Je peux rester des heures comme ça, même une journée entière. C'est un peu comme la sensation d'avoir les yeux dans le vague, sauf que là c'est le corps qui est dans le vague. 
Pourtant quand je me réveille je sais qu'une nouvelle journée commence et je suis impatiente de l'entamer. Je me lève, je me prépare, mais une fois prête, je suis prise par une paralysie que je n'ai pas encore identifiée, sorte de nuage toxique qui me suit partout et qui nourrit mes peurs.

Je dirais que je suis quelqu'un qui a peur en général. En colère (mais il s'agit d'un autre sujet) et qui a peur. Peur d'à peu près tout. Ca peut aller de la peur d'aller aux toilettes dans un café que je connais pas, à la peur de tomber sur les rails du métro et de me faire déchiqueter, ou bien que ma gorge rétrécisse et que je ne puisse plus respirer. Bien sûr je fais également face à des peurs beaucoup plus abstraites, comme la peur de devenir invisible, la peur de l'échec, de la solitude, la peur d'être abandonnée, et ma plus grosse bête noire: la peur de prendre des décisions.

Je traîne ces peurs comme des putains de boulets, à tel point que ma cheville a fini par se fissurer. Je suis persuadée aujourd'hui que je suis la seule responsable de cette blessure, que mon subconscient a trouvé un petit arrangement avec mon corps, en donnant une raison d'exister à cette paralysie dans laquelle je me trouve/complais actuellement . Je lui ai aménagé un petit nid douillet dans ma vie et je n'ai pas encore trouvé comment la déloger. Combien de fois je me suis entendue dire "si je n'avais pas mon problème à la cheville, je ferais tellement de choses." Bullshit. Est-ce que je faisais plus de choses avant? Bien sûr que non. Sauf que maintenant, j'ai une super excuse. 

Quand je travaillais je n'avais pas le temps d'y penser. Mes journées étaient remplies et il ne me restait que quelques heures pour imaginer de quelle façon j'occuperais mon temps si j'en avais devant moi. Aujourd'hui j'en ai plus que nécessaire puisque je suis en arrêt et que je ne reprendrai pas d'activité avant le mois d'octobre. Qu'est-ce que j'ai fait depuis? Rien. Vous allez dire que je me fous de la gueule du monde et vous n'aurez probablement pas tort. Je passe mes journées à regarder le temps passer depuis mon canapé. 
Parfois quand je suis prise de maux de tête à force de rester enfermée, je finis par rassembler mon courage pour aller m'installer au café derrière chez moi. Ca me prend souvent plusieurs heures entre le moment où je me dis que je devrais peut-être sortir et le moment où je mets finalement le pied dehors. Plusieurs heures où je répète dans ma tête les gestes qui vont me sortir de cette léthargie. Se lever, se laver, s'habiller, ouvrir la porte d'entrée, descendre dans la rue, aller à la rencontre du vide. 

Parce que c'est de ça dont je parle bien sûr. S'apercevoir qu'en fait sans travail, sans cette responsabilité qui m'oblige à me traîner hors du lit le matin, et bien je n'ai rien d'autre, je ne suis rien. Fais des choses que tu aimes, me dit-on. Ok mais ma vie ne va pas se résumer à aller au cinéma et à lire des livres. Ca n'a aucun sens. Et j'ai besoin de donner un sens à ma vie, pardon du cliché, mais sans ça je n'ai pas envie de me lever le matin. Le repos est d'autant plus apprécié qu'on a fourni un effort. Ca marche comme ça pour à peu près tout dans la vie, ça repose sur un système d'opposition de valeurs. Les hauts n'existent que parce qu'il y a des bas, et inversement. 

Est-ce que je fais une dépression, est-ce que je me regarde trop le nombril? Je n'en sais foutre rien. Les choses s'amélioreront sans doute d'elles-même lorsque j'aurais repris une activité. Mais d'ici-là, je me retrouve seule, face à moi-même, et croyez-moi bien, c'est une expérience dont je me serais volontiers passée. Découvrir qu'on est une poule mouillée et qu'on ne sait toujours pas qui on est à l'aube de la quarantaine a un goût plutôt amer. 

Bon. Tout n'est peut-être pas perdu puisqu'à l'heure qu'il est j'écris cet article en direct d'un café. Même si je vais devoir retourner dans ce putain de canapé. Fuck.

samedi 20 mai 2017

Réussite, croyances et autres bullshit.




Ah tiens elle reprend du service celle-là! 
Salut. 
Ca fait un an que je n'ai rien écrit. Pourquoi? Parce qu'une petite voix m'a dit que ça ne servait à rien, que ce que j'écrivais emmerdait tout le monde, et que je n'avais rien d'intéressant à dire de toute façon. La même petite voix qui me rabâche tous les jours que je suis nulle, que je ne sais rien faire, bref, que je suis une ratée. Ca pique, hein?
Mais alors qui est cette petite voix, et comment diantre a-t-elle autant d'influence sur moi au point qu'aujourd'hui je suis paralysée de peur lorsque je dois agir?

Flash back. 

Petite, j'ai toujours été très scolaire. Jamais brillante, mais assez bonne pour arriver jusqu'au bac sans encombre. Dans ma famille (comme dans beaucoup d'autres), les études, c'est le saint Graal. Plus tes études sont longues, plus on te regarde avec admiration, plus on t'exhibe avec fierté pendant les repas dominicaux. Si en plus t'es médecin ou avocat, t'es pas loin d'être canonisé. 
En revanche si tu fais pas d'études, t'es hors circuit, tu restes sur le bas côté de la route toute ta vie et on te regarde presque comme si t'étais un toxicomane alcoolique illettré avec un QI qui flirte avec les racines des pâquerettes.

Je me rappelle certains mots de mon grand-père quand il parlait d'un membre de la famille qui venait de trouver un travail gratifiant. Il disait " allez, celui-là, il est sauvé." Sauvé. Avec un peu de recul, le mot est quand même vachement fort, merde. 
Quand il me parlait de mes études, il y avait toujours un côté urgent, dramatique. Un jour il m'a dit que si je ne voulais pas faire d'études, j'allais finir vendeuse aux Nouvelles Galeries (les Galeries Lafayette d'aujourd'hui. Oui ça fout un coup de vieux, je sais). Après les cours, je passais devant et en regardant les vendeuses je ne pouvais pas m'empêcher de m'imaginer un Monopoly grandeur nature dans lequel il y aurait, juste avant la case prison, la case Nouvelles Galeries. 
Petit à petit, une croyance s'était installée confortablement dans mon esprit: si t'es vendeur, c'est que tu es un peu bête, que tu as raté tes études (et ta vie accessoirement) et qu'on ne te prendra jamais au sérieux.
Jusqu'à mon bac, la vie active était un concept flou pour moi.  A un moment j'avais émis l'idée de devenir vétérinaire.  Mon grand-père a balayé cette envie en me disant que je n'étais pas taillée pour des études d'une telle envergure, qu'il fallait que je me trouve quelque chose à ma portée. Hop. Une autre croyance avait germé. Aujourd'hui la graine s'est transformée en forêt. C'est fou comme une petite phrase lancée mine de rien peut avoir la résonance d'une bombe atomique. 
La suite n'a été qu'un vaste cafouillage. J'étais complètement perdue, incapable de me projeter dans quoi que ce soit. J'ai essayé la fac, puis l'IUT de commerce, et j'ai finalement tourné le dos à mes études et à ma ville d'adoption pour rejoindre Paris, l'El Dorado de tous les possibles. 
De petit boulot en petit boulot, je me suis retrouvée dans la restauration où je suis restée 10 ans. A ce stade de ma vie, laissez-moi vous dire que j'avais abandonné l'idée de réussir ma vie. Pour certains membres de ma famille, j'avais touché le fond, y'avait plus rien à récupérer. 

Hantée par de vieux fantômes, j'ai fini par retourner sur les bancs de la fac, histoire de voir si je pouvais remonter dans l'estime de certaines personnes, y compris moi-même. J'ai continué la restauration à mi-temps, et j'ai eu ma licence d'anglais. J'étais de nouveau redevenue intéressante aux yeux de ma famille. Finalement, il y avait peut-être de l'espoir pour moi. 
Première année de Master traduction. Je travaillais chez Virgin en même temps. J'avais mis tellement d'énergie dans ma licence que j'étais épuisée moralement. Je voulais souffler. A ce stade je n'arrivais plus à croire en moi. Virgin m'a proposé un CDI et mes aventures universitaires se sont arrêtées là. 

Est-ce que je regrette aujourd'hui? Peut-être. Toujours est-il que cette belle parenthèse m'a permis de croire un peu en moi, et j'ai même osé postulé à la Fnac! Vous pouvez rire, mais avant de reprendre mes études, j'étais persuadée que j'étais incapable d'occuper un poste dans les produits éditoriaux. 
J'ai été embauchée, j'ai travaillé au rayon DVD, aux jeux videos, puis en librairie jeunesse. L'aventure dure depuis 5 ans, malheureusement ma santé me rattrape, je ne peux plus travailler debout et faire un métier aussi physique. J'en avais déjà un peu parlé dans mes précédents articles. Il était question d'une fissure du cartilage de la cheville et d'une guérison qui risquait de prendre beaucoup de temps. Aujourd'hui j'en sais un peu plus, à savoir qu'il n'y aura pas de guérison. Ca a le mérite d'être clair.
Pour minimiser la douleur, en revanche, il y a des choses à faire. La première étant: changer de métier. J'ai réussi ce tour de force une fois, je ne sais pas si il me reste assez d'énergie pour recommencer. Sans compter que la petite voix est toujours là. Elle ne me quitte jamais. Parce que j'ai toujours travaillé dans la vente et la restauration. Et que je ne sais rien faire d'autre. Du moins j'en suis persuadée. Je suis toujours cette petite fille et le monde du travail me fait toujours aussi peur. Les métiers sont toujours des concepts flous et abstraits pour moi. 

Je suis aussi paralysée par l'échec. Même si ce n'est finalement qu'une projection de l'imagination. J'élabore l'échec dans ma tête avant même d'avoir tenté quoi que ce soit. Je suis très bonne à ce petit jeu, j'ai toujours fonctionné comme ça. Il suffit que je m'intéresse un peu à un métier, que je visualise les difficultés pour y accéder par exemple, et j'abandonne, presque soulagée d'avoir évité le massacre. 

Je suis aussi terrorisée à l'idée de prendre des risques. Dans ma famille, on est fonctionnaire de préférence. Sécurité, stabilité, zone de confort tout ça tout ça. La prise de risque est vue comme de l'insouciance, voire de l'inconscience. 

C'est comme si j'avais un filtre devant les yeux. Un filtre sur lequel sont projetées les peurs et les croyances de ma famille, mais aussi celles de la société. Mais au fond, je suis persuadée que les plus belles aventures ont commencé par une prise de risque (et que les études n'y sont pas forcément pour quelque chose).
Je pense qu'il faut que je prenne les choses différemment, que je les regarde sous un autre angle. Parfois, j'ai quelques brefs moments de lucidité. Et dans ces moments, j'ai l'impression d'apercevoir ce filtre, cette cage de verre dans laquelle je suis depuis toujours. Ce n'est la faute de personne, chacun se débattant dans sa propre cage. En revanche, si je suis capable de l'apercevoir, je suis capable de la briser, non? 

Qu'est-ce qu'il peut m'arriver, au pire, par exemple, si je choisis une voie qui ne me mène nulle part? Et bien au pire, j'aurais compris que ok, ça ne fonctionne pas, et je pourrais passer à autre chose. J'aurais avancé. J'aurais agi. Appris des choses. Vécu une expérience donc je n'aurais pas perdu de temps. Je me serais fait confiance.  
Qu'est-ce qui m'empêche de tester de nouveaux métiers? Est-ce que je suis obligée de me trouver une vocation et de m'y tenir le reste de ma vie? D'avoir une carrière? Est-ce que je suis obligée de me réaliser uniquement à travers mon travail? 
Est-ce que je ne suis pas autre chose que mon travail? 
Est-ce que le ciel va me tomber sur la tête si je choisis un métier alimentaire et que je préfère m'épanouir en-dehors de la sphère professionnelle? Est-ce que je vaudrais moins?

Et si je me détachais de cette petite voix qui m'empêche de réfléchir par moi-même et qui me maintient dans cette léthargie malsaine? Et si j'arrêtais de me faire une montagne de tout? 

Et si je commençais à vivre, tout simplement, au lieu de planifier ma vie?


P.S: Bordel, qu'est ce que ça fait du bien!! N'hésitez pas à partager vos expériences, vos prises de risques, ou de conscience :)


Bisous!












mardi 2 février 2016

Bref, je suis allée au Monoprix





18h00. Je meurs déjà de faim. 

Comme d'habitude j'ai pris mon petit déjeuner un peu tard et je suis sortie sans déjeuner. Quand je suis dehors, en général je ne mange pas. Sauf si je suis avec une amie. Mais seule, je n'arrive jamais à me décider ne serait-ce que pour un sandwich. Déjà parce que psychologiquement, le sandwich pour moi c'est un peu le repas zéro imagination. Et puis y'a trop de pain dans un sandwich. Ahah. Pain blanc, mal au bide, team no gluten tu vois. Non je ne suis pas allergique, laisse-moi. Et puis je ne me vois pas m'attabler quelque part toute seule, ça a dû m'arriver deux fois dans ma vie. Ces deux fois-là il y avait tellement de gens qui mangeaient seuls que ça m'a déprimée. Donc pas de sandwich, pas de restaurant, qu'est-ce qu'il reste? Pas grand chose on est d'accord. Je pourrais manger une petite salade au Monop ou à Marks & Spencers mais ça me déprime encore plus de manger sur leurs petites tables à l'entrée des magasins. Appelle-ça du snobisme si tu veux. Manger ma salade dehors, assise sur un banc comme une miséreuse? L'été, pourquoi pas. Mais là clairement ce n'est pas possible.
Après avoir vaqué à mes occupations je rentre chez moi vers 17h30 et déjà dans le métro j'imagine l'océan de possibilités qui s'offre à moi. Pancake au Spéculos, brownie aux noix de pécan, tarte au citron meringuée, Nutella à la petite cuillère (si si c'est une recette tais-toi), et autres douceurs en tout genre. Le no gluten c'est tellement 2015. J'ai quand même essayé de résister. Trois secondes. Le temps d'apercevoir la boulangerie en sortant du métro. J'en ressors avec un énorme beignet aux framboises. Le temps d'arriver chez moi (une minute trente deux) le papier transpire à en devenir transparent. Une demi-heure après avoir englouti mon goûter, la faim me tiraille de plus belle. Ben oui, les sucres rapides ça apaise sur le moment. "Rapide" on a dit. 

Comme je ne vais pas diner à 18h, je décide d'aller au Monoprix du coin pour faire deux trois courses. Du vinaigre blanc pour le ménage. Des croquettes pour Minou. Des éponges pour la vaisselle. Rien d'extravagant. Je n'oublie pas mon beau sac en tissu Monoprix. On ne sait jamais, des fois que je trouve l'inspiration sur place. Je me dirige donc vers le rayon animalier, mais pour y accéder je dois passer par le rayon vêtements. Et il faut dire qu'ils se sont sacrement améliorés questions fringues au Monop. La nouvelle collection est arrivée. Est-ce que j'ai besoin de quelque chose? Non. Envie? Toujours. Ceux qui suivent savent de quoi je parle. Oui ça. Je flâne, je touche, j'essaie, j'imagine. Et je redescends sur terre. Et au rayon alimentaire par la même occasion. 

Ce que j'aime au Monoprix c'est qu'on trouve parfois des légumes improbables. J'ai vu des choux-fleurs violets, des fleurs de choux de Bruxelles, des tomates vertes, jaunes ou noires, des minis légumes trop mignons...de quoi redonner envie de remanger des légumes même aux plus coriaces d'entre nous! Allez, je me prends quelques légumes d'hiver pour concocter un petit pot-au-feu pour combattre la grisaille. En plus, maintenant, ils n'y a plus de sac plastique, c'est fini. Au rayon fruits et légumes on trouve des sacs en papier couleur kraft. Avec une petite blagounette en prime: "les sacs en papier, c'est pour les fruits et légumes uniquement. Et fruit c'est tout!". Je sais, je suis bon public. Oh des framboises! Bon je sais ce n'est pas du tout la période, mais elles iront à merveille avec les yaourts lemon curd de Mamie Nova.  

Qui a mis le fromage à côté des yaourts? Je fais comment, moi , maintenant? Je crois bien que si je me retrouvais sur une île déserte et qu'on me laissait le choix entre le chocolat et le fromage, je choisirais le fromage. Le fromage, c'est la vie, c'est divin. C'est pas pour rien qu'on leurs donne des noms de saints. Saint Marcellin, Saint Félicien, Saint nectaire, Saint Agur, Saint Albray...Le problème avec le fromage c'est qu'il appelle le pain. Et pas qu'un peu. On a tous été confronté au problème je reprends-du-pain-pour-finir-mon-fromage-ah-il-me-reste-du-pain-je-vais-reprendre-du-fromage. Résultat: on s'est enfilé tout le camembert avec la baguette entière.

Après le fromage vient le dessert. Ca commence à devenir compliqué, d'autant plus que mon ventre gronde. Et comme chacun sait, il ne faut JAMAIS faire ses courses le ventre vide. C'est donc tout naturellement que je me dirige vers le rayon gâteaux. Je reste raisonnable. Un paquet de Mikado, une boîte de minis cannelés et des cookies au chocolat blanc. Ah ce n'est pas raisonnable? Très bien. Pour la peine je vais aller chercher du chocolat. Je me plante devant le rayon, je suis au paradis. Et là, il se produit quelque chose d'étrange. Les gens qui passent devant moi, d'habitude assez tête en l'air, pressent le pas, baissent la tête, s'excusent pour me laisser choisir ma tablette de chocolat. Je me sens mal. De quoi ai-je l'air? D'une dépressive qui n'a pas eu sa dose de chocolat? D'une fille qui vient de se faire plaquer et qui vient trouver réconfort au rayon sucrerie? D'une célibataire qui supporte mal la solitude des longues soirées d'hiver? J'attrape une boîte de mignonettes Côte d'or noir orange et file honteusement vers la caisse. 

19h30. No way. J'ai passé une heure et demie à flâner au Monoprix. Parce que ce que je ne t'ai pas dit, c'est qu'en plus de faire mes courses, je lis quasiment toutes les blagues sur leurs produits. Je suis une fan inconditionnelle. J'ai d'ailleurs envoyé ma demande en mariage à la personne responsable de cette blague.
Demande restée sans réponse à ce jour, à mon grand regret.

Devant moi, une jeune fille. Je regarde ses courses passer sur le tapis. Un sachet de salade pour une personne, des tomates, du saumon fumé. Et du chocolat. Trois tablettes. Je pose mes courses à mon tour. Nos regards se croisent. Nos yeux brillent. Petits sourires complices. Je rentre enfin chez moi, le coeur léger, impatiente de déguster mon festin. Et je me rends compte que j'ai oublié le vinaigre, les croquettes et les éponges.
Merci Monoprix.


  


 
 

 
 

mercredi 2 décembre 2015

La liste de nos envies





L'envie. Quel joli mot. Quel concept ironique. Est-ce un hasard s'il désigne à la fois cette pulsion qui nous fait avancer, qui nous fait tenir debout et ce poison qui nous fait convoiter le bonheur de l'Autre?

Pour vous rafraîchir la mémoire, je vous encourage à lire la Bible. Non je blague. On va se contenter de regarder Seven.

On désire ardemment ce que l'on n'a pas, pour autant cette envie s'éteint-elle une fois que l'on obtient ce qu'on veut? Pas besoin d'aller chercher bien loin. Que désire-t-on le plus au monde lorsqu'on est malade? Être en bonne santé. Que se passe-t-il quand on guérit? On oublie. Je suis sûre que vous vous êtes fait cette réflexion un jour.
Encore plus simple. Celui qui répond juste aura un bon point: où a fini cette paire de boots qui me faisait saliver des semaines durant, une fois après les avoir achetées et portées deux-trois fois? Dans mon placard. Et mon envie, elle est passée où? Elle est passée à autre chose, car c'est comme ça que ça fonctionne. L'envie une fois satisfaite n'a plus de raison d'être. Elle fait de nous des éternels insatisfaits.

Pourtant, les envies sont sans cesse renouvelées, elles nous donnent des perspectives.
Avoir envie et être en vie, finalement, revient peut-être au même. Demandez à Johnny Hallyday. 

Cette année a été assez compliquée pour moi comme je l'expliquais dans mon post précédent. Je me suis retrouvée subitement avec énormément de temps à disposition. Du temps à ne plus savoir quoi en faire. Au tout début, je me suis dit que j'allais enfin pouvoir faire tout ce dont j'avais envie, tout ce que je ne pouvais pas faire par manque de temps. La liste était longue. Ambitieuse. Savez-vous combien de choses j'ai réalisées? Aucune. Ou presque. Je ne m'étendrai pas sur le pourquoi, il faudrait un article complet pour aborder le sujet. J'y viendrai. 

Et puis je suis tombée sur le blog d'Olivia pour qui j'ai eu un coup de cœur. Dans un de ses articles, elle revient sur ses envies de l'année passée et elle en fait le bilan et j'ai trouvé l'exercice très intéressant. J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour les gens qui se donnent les moyens d'aller au bout de leurs envies. Sûrement parce que ce n'est pas mon cas.

Toujours est-il que j'avais envie (haha) de réfléchir à une liste, et de commencer à trouver la motivation pour sortir de cette période complètement contre-productive.
Voici donc la fameuse, sans ordre d'importance.

  • Faire de la boxe anglaise. (quand ma cheville sera de nouveau opérationnelle)
  • Maîtriser la photographie argentique et pourquoi pas, apprendre à développer.
  • Écrire un roman de SF pour ado.
  • Partir seule en voyage et dompter ma peur de la solitude.
  • Apprendre à me contenter de ce que j'ai.
  • Épouser Tom Hardy.
  • Reprendre la danse. (comme pour la boxe)
  • Arrêter d'acheter autant de vêtements (ce qui rejoint d'ailleurs apprendre à me satisfaire de ce que j'ai...).
  • Changer de métier.
  • Épouser Tom Hardy.
  • Arrêter de fumer.
  • Aller au bout de mes lubies, quelle qu’en soit l'issue.
  • Apprendre à tricoter pour offrir des pulls et des écharpes à mes copines.
  • Me défaire de mes mauvaises habitudes alimentaires.
  • M'inscrire à The perfect Strangers Project pour envoyer et recevoir des petits colis surprises.
  • Apprendre à tirer les cartes.
  • Suivre des cours sur EdX parce qu'il y a tellement de choses à apprendre...
  • Épouser Tom Hardy.
  • Aller au théâtre et faire des expos plus souvent.

 Voilà, je pense que c'est déjà pas mal, et mine de rien ce n'est pas aussi simple qu'on le pense de dresser une liste d'envies. Reste à savoir si je vais maintenant en faire quelque chose!

Et vous, de quoi avez-vous envie?

Bisous



mercredi 25 novembre 2015

La cigarette, cette amie qui ne vous veut pas du bien.



4 ans. J'avais tenu 4 ans. Pas une seule cigarette. Je me suis arrêtée du jour au lendemain sans aucune aide ni substitut. Je m'étais juste dit tiens fais voir ce que ça fait si je fume pas aujourd'hui? Et puis j'ai recommencé le lendemain , le surlendemain, et un jour dans la rue je me suis entendue répondre à un passant qui me demandait une cigarette "non, je ne fume pas". Pas "j'essaie d'arrêter" ou "je ne fume plus". Juste "je ne fume pas". J'étais devenue une non fumeuse. J'étais capable de boire mon café du matin sereinement sans l'associer à la cigarette. Les apéros avec les potes se passaient aussi merveilleusement bien. J'étais sevrée. J'étais libre. Ca a duré 4 longues et belles années.
En avril de cette année, on m'a découvert une vilaine fissure sur l'astragale (les douleurs duraient depuis des mois), et je me suis retrouvée en arrêt maladie, avec comme injonction de marcher en béquilles dorénavant. Après avoir consulté la moitié du corps médical parisien, je me suis retrouvée bredouille avec la même conclusion à chaque fois: "Y'a rien à faire mademoiselle, c'est une des lésions les plus longues à guérir, armez vous de patience". Haha. Moi, patiente. Mais laisse-moi rire.
Rajoutons à ça une rupture en juin, et un déménagement. Voilà, nous y sommes. Nous voici réunis, ma solitude, ma non-vie sociale, mon chat et moi, dans mon 14m2. Et c'est comme ça que la cigarette, cette bitch, est revenue dans ma vie. Elle s'est manifestée d'abord sous forme d'idées: tiens, je suis bien là sur cette terrasse au soleil, avec une cigarette ça serait cool. Ou encore: mais quelle journée de merde!! Je fumerais bien une petite clope pour me calmer...
Je pense sincèrement que le principal carburant de cette envie a été l'ennui. Plus les jours passaient, plus l'envie montait. Les moments où je pensais à la cigarette se rapprochaient de plus en plus. Jusqu'à ce que l'idée ne me quitte plus.

Le 5 juillet, une amie organise un picnic dans un parc. Il fait beau, il fait chaud, on rigole, on est bien. Il faut que je fume. Je harcèle donc tout le monde, jusqu'à ce qu'une personne craque et me donne une cigarette. Que je vais garder bien au chaud jusqu'à chez moi. J'ai fumé la moitié tellement elle était dégueulasse. Pourtant, le lendemain , je suis partie m'acheter un paquet. J'ai fumé 10 cigarettes en 3 jours, et j'ai jeté le paquet. Parce qu'à la 10ème cigarette, je commençais à reprendre mes habitudes d'ex-fumeuse.

J'aurais pu en rester là, ça aurait pu n'être qu'un petit incident de parcours. Mais non. Le 27 juillet je pars rejoindre des amis à Hossegor pour cinq jours mémorables de vacances. Un soir, au bar près de la plage, on boit des coups dehors, on est bien. Je suis un peu pompette. Et je m'entends dire à un pote 'tiens fais voir ta clope'.
Au retour des vacances, j'arrête à nouveau. Pendant deux mois, je n'ai cessé de lutter contre mon envie de cigarette. Un jour je fume, j'arrête trois jours, et ainsi de suite. Seulement voilà. Les jours où je résistais, je me jetais sur la nourriture, alors que ce problème-là était censé être réglé (j'y reviendrai dans un futur article). J'ai même appelé Info Tabac Service. Ils sont plutôt compétents, mais je n'ai pas réussi, et j'ai lâché prise... Cette lutte me rendait malade, d'autant plus que je refusais de reprendre les kilos que j'avais perdus, et surtout de voir mes vieux démons resurgir.

J'ai donc décidé de reprendre la cigarette, sans tenter quoi que ce soit pour arrêter. Pour autant, je ne suis pas en paix avec moi-même (comme quand j'étais fumeuse autrefois). Je ne supporte pas l'odeur de tabac sur mes vêtements, et même si je fume à la fenêtre, ça ne change pas grand chose, mon appartement est imprégné de cette odeur horrible. A quoi ça sert de revenir de la laverie avec du linge qui sent bon la lessive si c'est pour sentir le tabac froid dès la première cigarette? L'argent jeté par les fenêtres, n'en parlons pas. Mais surtout, surtout ce qui me rend dingue, c'est que je suis esclave de cette drogue. Complètement dé-pen-dante. N'importe quelle émotion déclenche l'envie de fumer. Qu'elle soit positive ou négative. Tout est prétexte à fumer. J'ai fini de manger: je m'allume une clope. Je lis un bouquin: je fais une pause nicotine. Je déguste un verre de vin: je l'accompagne d'une cigarette. Je suis énervée: je fume. Je suis bien: je fume. Je déprime: je fume. Je m'ennuie: je fume. Je sors du ciné: vite, vite une clope.
Dernièrement je me suis même surprise à me dépêcher de finir de manger pour allumer ma cigarette. N'importe quoi!
Vous avez sans doute remarqué depuis quelques jours qu'il fait froid. Comme il est hors de question que je fume à l'intérieur (pauvre petit chat!), je continue de fumer à la fenêtre, en enfilant mon manteau, mon écharpe, mon bonnet et mes gants...ri-di-cule.
Lundi matin, pendant le combo habituel café-clope, je me rends compte que je ne bois mon café que pour fumer. J'en fume une deuxième, je me concentre sur chaque bouffée. Sur mes sensations. J'approche la cigarette de mes lèvres, mais je m'arrête en plein vol, je réfléchis, je me sonde de l'intérieur et je sens bien que je ne veux pas fumer, que mon corps ne veux pas fumer.

Nous sommes mercredi soir, je n'ai pas refumé depuis. Demain, j'ai de nouveau rendez-vous avec une tabacologue-nutritionniste de Tabac Info Service. J'ai aussi acheté des gommes Nicorette aux fruits. J'ai commencé un petit journal de bord dans lequel je note toutes mes sensations. Parce que je sais que ces sensations sont engendrées par des idées, des pensées, et qu'il suffirait que je change ces pensées pour me défaire de cette dépendance.
C'est vraiment pas facile, des fois j'aimerais lâcher prise, m'abandonner à la facilité et replonger. Pour vous faire un idée, imaginez que vous êtes dans le métro, en route vers la gare pour partir en vacances. Et d'un coup, vous réalisez que vous avez oublié votre billet de train/avion. Vous voyez cette montée d’adrénaline qui vous tord les boyaux en même pas une seconde? Et bien voilà. Voilà ce que je ressens quand j'ai une furieuse envie de fumer et que je me retiens. J'ai remarqué que quand l'envie devient urgente, je suspens involontairement ma respiration et je contracte mes abdos, je me recroqueville, comme si je recevais un coup de poing dans le ventre. Quand l'envie est vraiment trop forte et que je commence à fantasmer ma cigarette, que j'imagine les sensations me procureraient une bouffée, je respire un bon coup, j'enfouis ma tête dans mon écharpe qui sens bon la lessive, je mange (malheureusement), j'essaie de chasser les pensées dans ma tête, et je me souviens combien il est doux d'être délivré de cette drogue, combien il est agréable de se lover dans un petit salon de thé au chaud tandis que les fumeurs se gèlent les mimines en terrasse.

J'aimerais beaucoup que vous me racontiez votre expérience avec la cigarette!!

Je vous embrasse.

P.S: Maman, si tu me lis, sorry I lied! Don't be cruel.

jeudi 19 novembre 2015

Half Moon Run



C'était le 26 mars 2013. Déjà plus de deux ans. Comme le temps passe vite. Ma bande de copines et moi étions parties pour sautiller comme des hystériques  au rythme du banjo de Mumford and Sons au Trianon, incontestablement ma salle de concerts préférée. Après une première partie qui n'a pas retenu plus que ça mon attention, voilà que débarquent trois mecs sur scène. Je soupire. C'est que deux premières parties, c'est agaçant vous comprenez. Je suis venue voir Mumford and Sons, moi!
La lumière se fait. Un sourcil se lève. Le chanteur est tellement beau que c'en est indécent. A vue d’œil, un bon mètre quatre-vingt-dix, les cheveux dorés relevés en chignon approximativement étudié, le tout emballé dans un t-shirt noir oversize destroyed. Qui ne couvre pas grand chose. Pardonnez-moi je m'emporte. Du coup j'ouvre grand les yeux, et les oreilles. Des fois qu'il chante bien.
Ah, mes amis. Cette voix. Je ne pense pas avoir entendu, en toute objectivité (comment ça non?), une voix pareille. Envoûtante, chaude, sensuelle, ensorcelante, lascive, puissante, vibrante, sensuelle...ah mince je l'ai déjà dit. La musique? Audacieuse, inédite, aérienne. Une sorte de rock folk indé (même si je n'aime pas enfermer la musique dans des cases) d'une qualité rare. Les mélodies sont composées méticuleusement et le travail instrumental est monumental, on sent qu'ils se sont donnés corps et âmes dans leur musique. 
Inutile de vous dire que je me suis précipitée sur leur stand à la fin du concert pour acheter leur album Dark Eyes. J'ai même eu la chance de pouvoir le faire signer par les membres du groupe, qui se mêlaient tranquillement à la foule. Personne ne les avaient remarqués (mais ça, c'était avant!).
Cet album, je l'ai saigné comme on dit poliment. La première écoute n'a pas été transcendante si je veux être honnête. Mais j'ai continué à l'écouter en boucle, et au fur et à mesure s'est installée une sorte de familiarité entre la sonorité des chansons et mes oreilles néophytes. J'ai intégré chaque note, chaque infime variation de la voix de Devon, que j'attendais au tournant. Oui je l'appelle par son petit nom maintenant.
Quelques jours plus tard ils jouaient à la Défense, au festival Chorus. Il n'y avait pas énormément de monde. Tant mieux. Ca en faisait plus pour moi. Ah, mais laissez-moi, j'ai 15 ans à nouveau. Cette fois-ci c'est le vinyle de leur single Full Circle que j'achète, et que je tends fébrilement à Devon pour qu'il m'écrive Give up dessus, une de mes chansons préférées de cet album. Il était tellement mignon, il se sentait géné, il souriait (est-ce que je vous ai parlé de son sourire?): "No, I don't want you to give up!" Je me suis donc retrouvée avec un "Don't give up" stabiloté sur mon exemplaire.
Et comme on dit jamais deux sans trois, me voilà repartie avec une amie (la même qui me suit dans cette odyssée depuis le début) à leur concert à la Maroquinerie le 23 avril 2013. Une touuuute petite salle. Le bonheur. Ce fut un concert d'une rare intensité. Un pur émerveillement. Entre deux chansons, on entendait les gens leur jeter des I love you par-ci, des I love you more par là. Et quand la salle a commencé a chanter avec eux, Devon et Connie (guitare,clavier et harmonica) se lançaient des regards pétillants pleins de surprise, comme s'ils n'arrivaient pas à croire ce qu'il se passait. Cerise sur le gâteau, le groupe au complet nous a offert une chanson acoustique pour clore le concert. Ah oui j'ai oublié de vous dire, un quatrième musicien a rejoint le groupe en cours de route, pour s'installer au clavier et aux percus:Isaac, ou Bouclettes comme le dit mon amie avec un filet de bave de trois mètres de long.
Est ce qu'on peut dire jamais trois sans quatre? Haha. Retour à la case départ cette fois, pour un nouveau concert au Trianon le 15 novembre 2013. Cette fois-ci, ce sont eux les stars. Et ils se sont envolés. Spectaculairement. Le public les a portés jusqu'à la consécration.
Deux ans. Deux ans à se demander si ils allaient revenir avec un nouvel album. Parce qu'un groupe comme eux, ça ne peut pas en rester là. Et finalement, il tombe, comme un cadeau du ciel, Sun leads me on, le 23 octobre 2015. Je ne vous cache pas que j'ai eu peur. Parce que qu'est ce qu'on peut bien faire après un album comme Dark Eyes? Une pâle copie du premier opus? Où alors est-ce qu'ils allaient être complètement à côté de la plaque?
Je ne sais pas par où commencer. On va faire simple. Première chanson: Warmest Regards. Une claque. C'est doux, lascif, jouissif. Je suis assise en tailleur sur mon canapé, je ne bouge plus un orteil, j'attends fiévreusement la deuxième chanson. I Can't Figure Out What's Going On. Et c'est le cas de le dire. C'est à couper le souffle. Ca s'envole, ça s'énerve, ça swingue, bref, je vais bientôt inventer des mots et des adjectifs si ça continue. Troisième chanson: Consider Yourself. Helloooo les gars, où étiez-vous cachés pendant toutes ces années, loin de la scène musicale?! Hands In The Garden, on retombe dans la douceur langoureuse. La voix de Devon, c'est du miel je vous dis! I never thougt I could be so happy, Devon tu ne crois pas si bien dire. La suite: Turn Your Love ressemble un peu plus à leur premier album, mais comme d'habitude la chanson se transforme en chemin. Narrow Margins: On passe au niveau supérieur. J'ai l'impression de nager dans les eaux translucides d'une cascade, dans un pays qui n'existe pas. Sun Leads Me On: quelque chose a cédé en moi, je suis tellement submergée que je me laisse aller à pleurer silencieusement. It Works Itself Out me réveille un peu de mon hypnose, mais très vite je me retrouve emportée par les somptueuses percussions (hello Bouclettes!) et les notes magiques de Connie au clavier. Puis je me laisse bercer par la douceur énigmatique de Everybody Wants, portée par des envolées qui sont propres au groupe, un sourire bête accroché à mes lèvres. Petite interlude au piano de 54 secondes avec Throes, parce que trop d'émotions c'est dur à gérer à ce stade-là. Devil May Care: changement total de décors. Nous voici au pays de Bob Dylan, Connie sort son harmonica pour accompagner Devon qui réussit là un tour de maître, la chose n'était pas aisée. The Debt: je ferme les yeux. Ca tourbillonne, ça vole en éclats. Et je m'imagine des choses pas très catholiques. La faute à Devon, hein. Mais c'est la fin, et je sors de ma rêverie avec le clavier qui a un air des années 80 de Trust.
Je ne vous dirai pas combien de fois j'ai écouté cet album, ça dépasse l'entendement.
Ce que je peux vous dire, en revanche, c'est que je suis allée à leur concert au Trabendo le 4 novembre avec mon amie (celle qui bave quand Isaac est dans les parages - dit-elle alors qu'elle se transforme en groupie sanguinaire dès qu'elle aperçoit Devon). Ca vous étonne?
Je ne vais pas vous passer en revue le concert, qui était ma foi beaucoup trop court à mon goût, mais qui était une fois de plus chargé d'énergie et d'émotions. Ce qu'il y avait de nouveau, c'était cette assurance que le groupe a gagnée depuis leurs derniers concerts. Cela ne les dessert pas, cependant.
Je me souviendrai en particuliers de ce moment où Devon a commencé à se trémousser en se passant les mains dans les cheveux, mais je ne vous raconterai pas ce qu'il s'est passé en moi à ce moment. Non mais!
Est ce que je dois vous parler du moment où mon amie et moi les avons attendus une fois le Trabendo fermé devant leur car? Non je ne vais pas faire ça. Un peu de décence tout de même.
Bon et puis comme on n'en est plus à une fois près, nous allons retourner les voir à la Cigale le 11 mars 2016. C'est qu'on est presque intimes maintenant, Devon, Isaac, Connie, Dylan et moi (et ma copine, sinon je risque de me faire frapper).
Sur ce, je vous laisse et vous encourage à aller voir ce groupe Canadien sur scène, j'espère vous avoir donné envie (en toute objectivité bien sûr) d'en découvrir un peu plus sur eux, ils valent vraiment le détour.

Bisous!

mercredi 18 novembre 2015

Le théâtre c'est chiant qu'elle disait






Naaaan mais le théâtre c'est nul, c'est pour les vieux/bobos/intellos, et puis ces gens qui déclament leur texte en hurlant sur un ton dramatico-forcé, c'est pas possible. Nan vraiment le théâtre c'est trop chiant.
Et puis il y a eu la tragédie de vendredi 13, qui nous a tous emportés dans son sillage, remplissant nos cœurs d'effroi, de tristesse, de colère. Les médias nous ont plongés dans un état de psychose sans précédent. 
Alors quand une amie m'a proposé d'aller voir une pièce de théâtre, j'ai dit oui, sans réfléchir, parce qu'il fallait que je me sorte de cette paralysie qui m'avait complètement sonnée. Le Médecin malgré lui? Oui bon pourquoi pas ça me fera réviser mes classiques, je crois que je dormais en cours tellement ça me passionnait. 
Me voilà donc en chemin, je retrouve mon amie devant le théâtre le Lucernaire, à deux pas de Notre-Dame-des-champs. L'endroit ne manque pas de charme. Il y a même un café attenant au théâtre. Des gens sont attablés en terrasse, ils ont l'air détendus. Du coup je me détends un peu aussi. Je remarque que sur l'affiche du Médecin malgré lui, il y a écrit Los Angeles 1990. Tiens?
Une ouvreuse nous annonce le début de la pièce et nous accompagne dans une petite salle. Les comédiens sont déjà sur scène. Ils ne sont déjà plus des comédiens d'ailleurs à ce moment là, ils sont déjà leurs personnages, et ils sont bien en 1990, pas de doute là-dessus!
Voici donc un Sganarelle sorti tout droit d'un épisode des Dessous de Palm Beach, binouze à la main et Converses trouées aux pieds, qui s'amuse à tourmenter sa femme Martine, avec comme témoins une bande de clochards éméchés au rire bien gras. A ce moment-là je commence déjà à sourire.
Puis entre en scène Lucas (le mari de la nourrice du père de Lucinde. Comment ça vous n'avez rien compris? Ah vous aussi vous dormiez pendant le cours?), qui se met à balancer ses répliques dans un accent espagnol parfait tout en lissant sa coiffure gominée, et là, je ne tiens plus, j'explose de rire.
Les dialogues fusent et le niveau monte alors que la situation de ce pauvre Sganarelle devient de plus en plus ridicule. Entre les pas de salsa de la nourrice qui passe l'aspirateur, l'hystérie d'une Lucinde Britneyspearisée et les divagations avinées de Sganarelle , on frôle parfois le délire.  La mise en scène, drôle et audacieuse, est un vrai régal. Les énormes clins d’œil aux années 90 sont jouissifs et, si étrange que cela puisse paraître, se marient à merveille avec cette comédie classique du 17ème siècle.
A la fin de la pièce, je crois que j'avais mal aux abdos tellement j'avais ri. J'en ai presque oublié que j'étais au théâtre. Et cette fin!! Il fallait oser! Mais je ne voudrais pas tout vous dévoiler, je vous laisse quand même quelques éléments de surprise.
Pendant près d'une heure et demie, je me suis laissé porter par l’énergie de ces comédiens, par leur talent indiscutable et leur incroyable générosité. Et croyez-moi que donner de sa personne comme ils l'ont fait ce soir, c'est une des plus jolies choses que j'aie vue en ces temps si sombres.

Alors je vous en conjure, allez les voir au Théâtre le Lucernaire, ils jouent jusqu'au 10 janvier, vous en ressortirez le cœur léger.


Pour réserver votre place, c'est par ici!